Tristán e Isolda: La muerte de los amantes


Mitología bretona


Wiki

Aquí está la traducción del Roman de Tristan et Iseult de 1900 de Joseph Bédier. Aquí está la decimonovena parte: La muerte de los amantes.

Muerte de los amantes

Muerte de los amantes

Apenas había regresado a Little Britain, a Carhaix, cuando Tristán, para ayudar a su querido compañero Kaherdin, libró la guerra contra un barón llamado Bedalis. Cayó en una emboscada tendida por Bedalis y sus hermanos. Tristán mató a los siete hermanos. Pero él mismo fue herido por una lanza, y la lanza fue envenenada.

Il revint à grand’peine jusqu’au château de Carhaix et fit appareiller ses plaies. Les médecins vinrent en nombre, mais nul ne sut le guérir du venin, car ils ne le découvrirent même pas. Ils ne surent faire aucun emplâtre pour attirer le poison au dehors ; vainement ils battent et broient leurs racines, cueillent des herbes, composent des breuvages : Tristan ne fait qu’empirer, le venin s’épand par son corps, il blêmit et ses os commencent à se découvrir.

Sintió que su vida estaba desperdiciada, comprendió que tenía que morir. Entonces quería volver a ver a Isolda la Rubia. ¿Pero cómo llegar a ella? Está tan débil que el mar lo mataría; y si siquiera logró Cornualles, ¿cómo escapar de tus enemigos? Se lamenta, el veneno lo angustia, espera la muerte.

Il manda Kaherdin en secret pour lui découvrir sa douleur, car tous deux s’aimaient de loyal amour. Il voulut que personne ne restât dans sa chambre, hormis Kaherdin, et même que nul ne se tînt dans les salles voisines. Iseut, sa femme, s’émerveilla en son cœur de cette étrange volonté. Elle en fut tout effrayée et voulut entendre l’entretien. Elle vint s’appuyer en dehors de la chambre, contre la paroi qui touchait au lit de Tristan. Elle écoute ; un de ses fidèles, pour que nul ne la surprenne, guette au dehors.

Tristán reúne fuerzas, se levanta, se apoya contra la pared; Kaherdin se sienta a su lado y ambos lloran tiernamente juntos. Lloran su buena compañía de armas, tan pronto rota, su gran amistad y sus amores; y uno se lamenta del otro.

« Beau doux ami, dit Tristan, je suis sur une terre étrangère, où je n’ai ni parent, ni ami, vous seul excepté ; vous seul, en cette contrée, m’avez donné joie et consolation. Je perds ma vie, je voudrais revoir Iseut la Blonde. Mais comment, par quelle ruse lui faire connaître mon besoin ? Ah ! si je savais un messager qui voulût aller vers elle, elle viendrait, tant elle m’aime ! Kaherdin, beau compagnon, par notre amitié, par la noblesse de votre cœur, par notre compagnonnage, je vous en requiers : tentez pour moi cette aventure, et si vous emportez mon message, je deviendrai votre homme-lige et vous aimerai par-dessus tous les hommes. »

Kaherdin ve a Tristan llorando, incomodándose, quejándose; su corazón se ablanda de ternura; él responde suavemente, por amor:

“Hermosa compañera, no llores más; Haré todo lo que quieras. Ciertamente amigo, por amor a ti me embarcaría en una aventura de muerte. Ninguna angustia, ninguna angustia me impedirá hacer según mi poder. Di lo que quieras decirle a la reina y yo haré los preparativos. »

Tristán respondió:

« Ami, soyez remercié ! Or, écoutez ma prière. Prenez cet anneau : c’est une enseigne entre elle et moi. Et quand vous arriverez en sa terre, faites-vous passer à la cour pour un marchand. Présentez-lui des étoffes de soie, faites qu’elle voie cet anneau : aussitôt elle cherchera une ruse pour vous parler en secret. Alors dites-lui que mon cœur la salue ; que, seule, elle peut me porter réconfort ; dites-lui que, si elle ne vient pas, je meurs ; dites-lui qu’il lui souvienne de nos plaisirs passés, et des grandes peines, et des grandes tristesses, et des joies, et des douceurs de notre amour loyal et tendre ; qu’il lui souvienne du breuvage que nous bûmes ensemble sur la mer ; ah ! c’est notre mort que nous y avons bue ! Qu’il lui souvienne du serment que je lui fis de n’aimer jamais qu’elle : j’ai tenu cette promesse ! »

Detrás del muro, Isolda de Manos Blancas escuchó estas palabras; casi se desmaya.

« Hâtez-vous, compagnon, et revenez bientôt vers moi : si vous tardez, vous ne me reverrez plus. Prenez un terme de quarante jours et ramenez Iseut la Blonde. Cachez votre départ à votre sœur, ou dites que vous allez quérir un médecin. Vous emmènerez ma belle nef ; prenez avec vous deux voiles, l’une blanche, l’autre noire. Si vous ramenez la reine Iseut, dressez au retour la voile blanche ; et si vous ne la ramenez pas, cinglez avec la voile noire. Ami, je n’ai plus rien à vous dire : que Dieu vous guide et vous ramène sain et sauf ! »

Suspira, llora y se lamenta, y Kaherdin llora también, besa a Tristán y se despide.

Con el primer viento se hizo a la mar, los marineros levaron anclas, izaron las velas, navegaron con un viento suave y sus proas cortaron las olas altas y profundas. Se llevaron ricas mercancías: sábanas de seda teñidas de colores raros, hermosas vajillas de Tours, vinos de Poitou, gerifaltes de España, y con esta artimaña Kaherdin pensó que llegaría a Isolda. Ocho días y ocho noches surcaron las olas y navegaron a toda vela hacia Cornualles.

Colère de femme est chose redoutable, et que chacun s’en garde ! Là où une femme aura le plus aimé, là aussi elle se vengera le plus cruellement. L’amour des femmes vient vite, et vite vient leur haine ; et leur inimitié, une fois venue, dure plus que l’amitié. Elles savent tempérer l’amour, mais non la haine. Debout contre la paroi, Iseut aux Blanches Mains avait entendu chaque parole. Elle avait tant aimé Tristan !… elle connaissait enfin son amour pour une autre. Elle retint les choses entendues ; si elle le peut un jour, comme elle se vengera sur ce qu’elle aime le plus au monde ! Pourtant, elle n’en fit nul semblant, et dès qu’on ouvrit les portes, elle entra dans la chambre de Tristan, et, cachant son courroux, continua de le servir et de lui faire belle chère, ainsi qu’il sied à une amante. Elle lui parlait doucement, le baisait sur les lèvres, et lui demandait si Kaherdin reviendrait bientôt avec le médecin qui devait le guérir… Mais toujours elle cherchait sa vengeance.

Kaherdin ne cessa de naviguer, tant qu’il jeta l’ancre dans le port de Tintagel. Il prit sur son poing un grand autour, il prit un drap de couleur rare, une coupe bien ciselée : il en fit présent au roi Marc et lui demanda courtoisement sa sauvegarde et sa paix, afin qu’il pût trafiquer en sa terre, sans craindre nul dommage de chambellan ni de vicomte. Et le roi le lui octroya devant tous les hommes de son palais.

Luego, Kaherdin ofreció a la reina un broche elaborado en oro fino:

“Reina”, dijo, “el oro es bueno”, y tomando el anillo de Tristán de su dedo, lo colocó junto a la joya: “Mira, reina; El oro de este broche es más rico y, sin embargo, el oro de este anillo tiene su precio. »

Cuando Isolda reconoció el anillo de jaspe verde, su corazón se estremeció y su color cambió y, temiendo lo que estaba a punto de oír, llevó a Kaherdin a un lado, cerca de una ventana, como para ver mejor y negociar el anillo. Kaherdin le dijo rápidamente:

“Señora, Tristán está herido por una espada envenenada y va a morir. Te dice que, sola, puedes consolarlo. Os recuerda las grandes penas y dolores que habéis sufrido juntos. Quédate con este anillo, él te lo da. »

Isolda respondió vacilante:

“Amigo, te seguiré. Mañana por la mañana, tenga su barco listo para zarpar. »

A la mañana siguiente, la reina dijo que quería cazar halcones y tenía preparados sus perros y pájaros. Pero el duque Andret, que siempre velaba por ella, la acompañó. Cuando estaban en el campo, no lejos de la orilla del mar, un faisán se fue volando. Andret dejó que un halcón fuera a cogerlo, pero el tiempo estaba despejado y bueno, el halcón se fue volando y desapareció.

“Mira, señor Andret”, dijo la reina, “el halcón se ha posado allí, en el puerto, en el mástil de un barco que yo no conocía. ¿De quién es ella?

“Señora”, dijo Andret, “este es el barco de este mercader de Bretaña quien ayer te regaló un broche de oro. Vamos a recuperar nuestro halcón. »

Kaherdin había arrojado una tabla, a modo de alcantarilla, desde su barco hasta la orilla. Vino a encontrarse con la reina:

“Señora, si os place entraríais en mi nave, y yo os mostraría mis ricas mercancías.

“Con mucho gusto, señor”, dijo la reina.

Se baja del caballo, se dirige directamente al tablón, lo cruza, entra en la nave. Andret quiere seguirla y se sube a la tabla, pero Kaherdin, de pie en la borda, le golpea con el remo; Andret tropieza y cae al mar. Quiere recuperarse; Kaherdin lo golpea nuevamente con su remo y lo arroja bajo el agua, y grita:

"¡Muere, traidor!" ¡Aquí está tu recompensa por todo el daño que has causado a Tristán y a la reina Isolda! »

¡Así Dios vengó a los amantes de los criminales que tanto los odiaban! Los cuatro están muertos: Guenelon, Gondoine, Denoalen, Andret.

Se izó el ancla, se izó el mástil, se izaron las velas. El viento fresco de la mañana susurraba entre los obenques e inflaba las lonas. Fuera del puerto, hacia mar abierto, todo blanco y luminoso a lo lejos bajo los rayos del sol, partió el barco.

À Carhaix, Tristan languit. Il convoite la venue d’Iseut. Rien ne le conforte plus, et, s’il vit encore, c’est qu’il l’attend. Chaque jour, il envoyait, au rivage guetter si la nef revenait, et la couleur de sa voile ; nul autre désir ne lui tenait plus au cœur. Bientôt il se fit porter sur la falaise de Penmarch, et, si longtemps que le soleil se tenait à l’horizon, il regardait au loin la mer.

Écoutez, seigneurs, une aventure douloureuse, pitoyable à tous ceux qui aiment. Déjà Iseut approchait ; déjà la falaise de Penmarch surgissait au loin, et la nef cinglait plus joyeuse. Un vent d’orage grandit tout à coup, frappe droit contre la voile et fait tourner la nef sur elle-même. Les mariniers courent au lof, et contre leur gré virent vent arrière. Le vent fait rage, les vagues profondes s’émeuvent, l’air s’épaissit en ténèbres, la mer noircit, la pluie s’abat en rafales. Haubans et boulines se rompent, les mariniers baissent la voile et louvoient au gré de l’onde et du vent ; ils avaient, pour leur malheur, oublié de hisser à bord la barque amarrée à la poupe et qui suivait le sillage de la nef. Une vague la brise et l’emporte.

Isolda grita:

« Hélas ! chétive ! Dieu ne veut pas que je vive assez pour voir Tristan, mon ami, une fois encore, une fois seulement ; il veut que je sois noyée en cette mer. Tristan, si je vous avais parlé une fois encore, je me soucierais peu de mourir après. Ami, si je ne viens pas jusqu’à vous, c’est que Dieu ne le veut pas, et c’est ma pire douleur. Ma mort ne m’est rien : puisque Dieu la veut, je l’accepte ; mais, ami, quand vous la saurez, vous mourrez, je le sais bien. Notre amour est de telle guise que vous ne pouvez mourir sans moi, ni moi sans vous. Je vois votre mort devant moi en même temps que la mienne. Hélas ! ami, j’ai failli à mon désir : il était de mourir dans vos bras, d’être ensevelie dans votre cercueil ; mais nous y avons failli. Je vais mourir seule, et sans vous disparaître dans la mer. Peut-être vous ne saurez pas ma mort, vous vivrez encore, attendant toujours que je vienne. Si Dieu le veut, vous guérirez même… ah ! peut-être après moi vous aimerez une autre femme, vous aimerez Iseut aux Blanches Mains ! Je ne sais ce qui sera de vous : pour moi, ami, si je vous savais mort, je ne vivrais guère après. Que Dieu nous accorde, ami, ou que je vous guérisse, ou que nous mourions tous deux d’une même angoisse ! »

Ainsi gémit la reine, tant que dura la tourmente. Mais après cinq jours, l’orage s’apaisa. Au plus haut du mât Kaherdin hissa joyeusement la voile blanche, afin que Tristan reconnût de plus loin sa couleur. Déjà Kaherdin voit la Bretagne… Hélas ! presque aussitôt le calme suivit la tempête, la mer devint douce et toute plate, le vent cessa de gonfler la voile, et les mariniers louvoyèrent vainement en amont et en aval, en avant et en arrière. Au loin ils apercevaient la côte, mais la tempête avait emporté leur barque en sorte qu’ils ne pouvaient atterrir. À la troisième nuit, Iseut songea qu’elle tenait en son giron la tête d’un grand sanglier qui honnissait sa robe de sang, et connut par là qu’elle ne reverrait pas son ami vivant.

Tristán estaba ahora demasiado débil para seguir vigilando el acantilado de Penmarch, y durante muchos días, encerrado lejos de la orilla, había estado llorando por Isolda, que no acudía. Doloroso y cansado, se queja, suspira, se agita; casi muere de su deseo.

Finalmente, el viento arreció y apareció la vela blanca. Entonces Isolda de Manos Blancas se vengó.

Ella llega a la cama de Tristan y le dice:

“Amigo, Kaherdin viene. He visto su barco en el mar: avanza con gran dificultad; sin embargo la reconocí; ¡Que él traiga lo que te sanará! »

Tristán se estremece:

“Amiga hermosa, ¿estás segura de que este es su barco? Ahora dime cómo es la vela.

— Lo vi claro, lo abrieron y lo subieron muy alto, porque tienen poco viento. Sepa que todo es negro. »

Tristan se volvió hacia la pared y dijo:

“Ya no puedo aferrarme a mi vida. » Dijo tres veces: “¡Isolda, amiga! » Al cuarto, entregó el fantasma.

Luego, por toda la casa, los caballeros, los compañeros de Tristán, lloraron. Lo sacaron de su cama, lo acostaron sobre una rica alfombra y cubrieron su cuerpo con un sudario.

En el mar, el viento se había levantado y golpeaba la vela justo en el centro. Empujó el barco al suelo. Llegó Isolda la Rubia. Oyó fuertes quejas por las calles y el repique de campanas en los mustiers y en las capillas. Preguntó a la gente del país por qué estos peajes, por qué estas lágrimas.

Un anciano le dijo:

« Dame, nous avons une grande douleur. Tristan, le franc, le preux, est mort. Il était large aux besogneux, secourable aux souffrants. C’est le pire désastre qui soit jamais tombé sur ce pays. »

Isolda la oye, no puede decir una palabra. Ella sube hacia el palacio. Sigue la calle con el tocazo desatado. EL Bretones se maravilló al mirarla; nunca habían visto una mujer de tanta belleza. Quién es ella ? de donde viene ella ?

Junto a Tristán, Isolda de Manos Blancas, angustiada por el daño que había causado, lanzó fuertes gritos sobre el cadáver. Entró la otra Isolda y le dijo:

“Señora, levántese y déjeme acercarme. Tengo más derecho a llorarlo que tú, créeme. Me gustó más. »

Se volvió hacia el este y oró a Dios. Luego descubrió un poco el cuerpo, se estiró cerca de él, a lo largo de su amigo, le besó en la boca y en la cara y lo estrechó con fuerza: cuerpo a cuerpo, boca a boca, entregó así su alma, murió junto a él por el dolor de su amigo.

Cuando el rey Marcos se enteró de la muerte de los amantes, cruzó el mar y, al llegar a Bretaña, hizo abrir dos ataúdes, uno de calcedonia para Isolda y el otro de berilo para Tristán. Llevó sus amados cuerpos en su barco a Tintagel. Cerca de una capilla, a izquierda y derecha del ábside, los enterró en dos tumbas. Pero, durante la noche, de la tumba de Tristán brotó una zarza verde y frondosa, con fuertes ramas y flores fragantes, que, elevándose por encima de la capilla, se hundió en la tumba de Isolda. La gente del país cortó la zarza: al día siguiente renació, verde, florida, perenne, y todavía sumergida en el lecho de Isolda la Rubia. Tres veces quisieron destruirlo; en vano. Finalmente, informaron al rey Marcos de la maravilla: el rey prohibió a partir de ahora cortar la espina.

Seigneurs, les bons trouvères d’antan, Béroul, et Thomas, et monseigneur Eilhart et maître Gottfried, ont conté ce conte pour tous ceux qui aiment, non pour les autres. Ils vous mandent par moi leur salut. Ils saluent ceux qui sont pensifs et ceux qui sont heureux, les mécontents et les désireux, ceux qui sont joyeux et ceux qui sont troublés, tous les amants. Puissent-ils trouver ici consolation contre l’inconstance, contre l’injustice, contre le dépit, contre la peine, contre tous les maux d’amour !