Le bien d’autrui

Les contes de Pensé contiennent les contes suivants : Conte d’amour, La jarre d’or, La princesse des eaux, Le bien d’autrui, Le chapeau qui rend invisible, Le conte de l’homme riche, Le roi et le barbier, L’homme et le diable, La chemise ornée de diamants, Aslanzate et Zanpolate, La fille du coffre, Frère agnelet, Crainte, Le lare domestique, Rira bien qui rira le dernier, Talou Orlan, Topal, Le cerf-volant révélateur, Le chasseur Ahmad, Le derviche et les filles, La fille du roi de Chine, Grain-de-grenade, Nerso

Le bien d’autrui

Le bien d’autrui

Un pauvre bûcheron ne possédait que sa hache.

Etant sans travail, il décide d’aller en ville comme portefaix.

Il confie sa hache à son voisin.

  • Tu veux bien me la garder jusqu’à mon retour ?
  • Je te la garde, dit le voisin. 

L’homme s’en va.

Il revient quelques années plus tard. Il va voir son voisin :

– Voisin, rends-moi ma hache.

Le voisin répond :

  • Ta hache, la chat l’a mangée.
  • Est-ce possible ? dit le bûcheron.

Il a beau supplier, il n’arrive pas à récupérer sa hache.

Une nuit, il entre doucement chez le voisin, lui prend son veau et l’emmène chez lui.

Le voisin voit son veau chez le bûcheron.

Les voilà tous deux devant le juge.

  • Pourquoi as-tu volé le veau de ton voisin ?
  • Je ne l’ai pas volé. C’est un oiseau qui me l’a apporté.
  • Pauvre fou ! Un oiseau peut-il se saisir d’un veau ?
  • Monsieur le juge, puisqu’un chat peut manger une hache, pourquoi un oiseau ne pourrait-il se saisir d’un veau ?

Le juge comprend toute l’affaire. Il fait rendre la hache au bûcheron et le veau au voisin.