Les Janas

Les Janas, petites fées des Domus Petites femmes à l’humeur lunatique, un peu sorcières et un peu fées, aussi gentilles que maléfiques, les Janas sont des créatures imaginaires de la tradition populaire sarde.

Les Janas

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Les Janas

Elles sont décrites comme une espèce de très petites fées qui vivent dans des cavernes creusées dans les roches, les Domus de Janas, les maisons de fées. Elles sortent la nuit seulement, afin que les rayons du soleil n’abîment pas leur peau pâle et douce. Quand, les nuits sans lune, elles se déplacent pour aller prier près des temples nuragiques, il leur faut parcourir des sentiers raides et couverts de ronces.

Pour éviter les épines, les Janas deviennent lumineuses : cette clarté signale leur présence. On dit que ce sont des créatures spirituelles, plutôt des démons au sens grec du terme, à savoir de petits êtres à mi-chemin entre le monde humain et celui des Dieux. Les Domus sont leurs « maisons », construites dans la roche. En fait les Domus sont des cavernes funéraires creusées dans la terre ou dans la roche par les anciennes civilisations sardes, il y a 5000 ans.

Les Janas sont spécialisées dans tout type de travail domestique : elles tissent de splendides étoffes et préparent un pain plus léger que l’hostie. Selon la légende, elles possèdent un métier à tisser en or et des tamis d’argent pour la farine. Mais pas seulement : elles gardent un immense trésor, fait d’or, de perles et de diamants.

D’horribles créatures sont cachées pour défendre ces richesses : les Muscas Maceddas, tête de brebis, un seul œil au centre du front, des dents pointues, des ailes courtes et un dard venimeux. Les Muscas se trouvent à l’intérieur d’une caisse, mélangées à d’autres contenant le trésor.

Les Janas accompagnent leur travail d’un chant mélodieux. La mélodie se répandant dans l’air et dans les nuits sombres et silencieuses, réconforte les voyageurs solitaires.

Le village d’Isilis Sur les contreforts d’un haut plateau surplombant la vallée du Sarcidano, au beau milieu d’un paysage de profondes vallées et de collines, on trouve le village d’Isilis. Le nom de « Isilis » dériverait de « Ilienses » un mot désignant une ancienne population qui, d’après l’auteur grec Pausanias (environ 110-180 après JC) se serait établie en Sardaigne après la chute de Troie. Là, dans les alentours, l’homme a habité depuis le néolithique, comme le prouve l’existence d’un grand nombre de « Domus de Janas », ainsi que la présence du magnifique nuraghe de « Is Paras », aux portes du village de Nurallao.

Quand la nuit tombe, dans la clarté d’une lune opaline, s’élève une douce mélodie. L’éther s’emplit d’un parfum suave. Avec un léger bruissement, les oliviers d’argent font danser leur feuillage. Adossée à l’entrée d’une domus, bouche noire et profonde, une lueur viendra-t-elle effleurer la roche et caresser mon épaule ? Mystérieuse et enchanteresse Sardaigne.