Here is the translation of the Roman de Tristan et Iseult of 1900 by Joseph Bedier. Here is the fourth part: The Philtre.
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The potion
When the time approached to deliver Iseult to the knights of Cornwall, his mother picked herbs, flowers and roots, mixed them in wine, and brewed a strong potion. Having finished it by science and magic, she poured it into a couret and said secretly to Brangien:
« Fille, tu dois suivre Iseut au pays du roi Marc, et tu l’aimes d’amour fidèle. Prends donc ce coutret de vin et retiens mes paroles. Cache-le de telle sorte que nul œil ne le voie et que nulle lèvre ne s’en approche. Mais, quand viendront la nuit nuptiale et l’instant où l’on quitte les époux, tu verseras ce vin herbé dans une coupe et tu la présenteras, pour qu’ils la vident ensemble, au roi Marc et à la reine Iseut. Prends garde, ma fille, que seuls ils puissent goûter ce breuvage. Car telle est sa vertu : ceux qui en boiront ensemble s’aimeront de tous leurs sens et de toute leur pensée, à toujours, dans la vie et dans la mort. »
Brangien promised the queen that she would do as she pleased.
La nef, tranchant les vagues profondes, emportait Iseut. Mais, plus elle s’éloignait de la terre d’Irlande, plus tristement la jeune fille se lamentait. Assise sous la tente où elle s’était renfermée avec Brangien, sa servante, elle pleurait au souvenir de son pays. Où ces étrangers l’entraînaient-ils ? Vers qui ? Vers quelle destinée ? Quand Tristan s’approchait d’elle et voulait l’apaiser par de douces paroles, elle s’irritait, le repoussait, et la haine gonflait son cœur.
He had come, he the kidnapper, he the murderer of Morholt; he had snatched her from her mother and her country by his wiles; he had not deigned to keep it for himself, and here he was carrying it, like his prey, on the waves, towards the enemy's land! “Poor! she said, cursed be the sea that carries me! Would I rather die on the land where I was born than live there! ... "
One day the winds died down, and the sails hung deflated along the mast. Tristan landed on an island, and, weary of the sea, the hundred knights of Cornwall and the sailors came down to the shore. Only Iseut had remained on the nave, and a small servant. Tristan came to the queen and tried to calm his heart. As the sun was scorching and they were thirsty, they asked for a drink. The child looked for some drink, while she discovered the coutret entrusted to Brangien by Iseut's mother.
« J’ai trouvé du vin ! » leur cria-t-elle. Non, ce n’était pas du vin : c’était la passion, c’était l’âpre joie et l’angoisse sans fin, et la mort. L’enfant remplit un hanap et le présenta à sa maîtresse. Elle but à longs traits, puis le tendit à Tristan, qui le vida.
At that moment, Brangien entered and saw them looking at each other in silence, as if bewildered and delighted. She saw in front of them the almost empty vase and the hanap. She took the vase, ran to the stern, threw it into the waves and moaned:
“Unhappy! Cursed be the day I was born and cursed the day I climbed this nave! Iseut, friend, and you, Tristan, it is your death that you have drunk! "
De nouveau la nef cinglait vers Tintagel. Il semblait à Tristan qu’une ronce vivace, aux épines aiguës, aux fleurs odorantes, poussait ses racines dans le sang de son cœur et par de forts liens enlaçait au beau corps d’Iseut son corps et toute sa pensée, et tout son désir. Il songeait : « Andret, Denoalen, Guenelon et Gondoïne, félons qui m’accusiez de convoiter la terre du roi Marc, ah ! je suis plus vil encore, et ce n’est pas sa terre que je convoite !
Beautiful uncle, who loved me orphan before even recognizing the blood of your sister Blanchefleur, you who wept tenderly for me, while your arms carried me to the boat without oars or veil, beautiful uncle, you, from the first day, chased away the stray child who came to betray you? Ah! what did I think? Iseut is your wife, and I your vassal. Iseut is your wife, and I your son. Iseut is your wife, and cannot love me. "
Iseut loved him. She wanted to hate him, however: had he not vilely despised her? She wanted to hate him, and could not, irritated in her heart by this tenderness more painful than hatred.
Brangien les observait avec angoisse, plus cruellement tourmentée encore, car seule elle savait quel mal elle avait causé. Deux jours elle les épia, les vit repousser toute nourriture, tout breuvage et tout réconfort, se chercher comme des aveugles qui marchent à tâtons l’un vers l’autre, malheureux quand ils languissaient séparés, plus malheureux encore quand, réunis, ils tremblaient devant l’horreur du premier aveu.
On the third day, as Tristan came towards the tent, erected on the bridge of the nave, where Iseut was seated, Iseut saw him approach and humbly said to him:
“Come in, lord.
- Queen, said Tristan, why did you call me lord? Am I not your liege, on the contrary, and your vassal, to revere you, serve you and love you as my queen and my lady? "
Iseut replied:
« Non, tu le sais, que tu es mon seigneur et mon maître ! Tu le sais que ta force me domine et que je suis ta serve ! Ah ! que n’ai-je avivé naguère les plaies du jongleur blessé ? Que n’ai-je laissé périr le tueur du monstre dans les herbes du marécage ? Que n’ai-je asséné sur lui, quand il gisait dans le bain, le coup de l’épée déjà brandie ? Hélas ! je ne savais pas alors ce que je sais aujourd’hui !
- Iseut, what do you know today? What is it that torments you?
- Ah! everything I know torments me, and everything I see. This sky torments me, and this sea, and my body, and my life! "
She put her arm on Tristan's shoulder; tears quenched the beams of her eyes, her lips quivered. He repeated:
"Friend, what is it that torments you? "
She replied:
"Love you."
So he put his lips to hers.
But, as for the first time both tasted a joy of love, Brangien, who was watching them, uttered a cry, and arms outstretched, his face soaked in tears, threw himself at their feet:
« Malheureux ! arrêtez-vous, et retournez, si vous le pouvez encore ! Mais non, la voie est sans retour, déjà la force de l’amour vous entraîne et jamais plus vous n’aurez de joie sans douleur. C’est le vin herbé qui vous possède, le breuvage d’amour que votre mère, Iseut, m’avait confié. Seul, le roi Marc devait le boire avec vous ; mais l’Ennemi s’est joué de nous trois, et c’est vous qui avez vidé le hanap. Ami Tristan, Iseut amie, en châtiment de la male garde que j’ai faite, je vous abandonne mon corps, ma vie ; car, par mon crime, dans la coupe maudite, vous avez bu l’amour et la mort ! »
The lovers embraced; desire and life quivered in their beautiful bodies. Tristan says.
"So come on death!" "
And, when evening fell, on the nave which bounded faster towards the land of King Mark, bound for ever, they abandoned themselves to love.