La Demoiselle à la mule (also sometimes called La Mule sans frein) is a fairly short verse novel (1136 octosyllables), written between around 1190 and 1210, which depicts the legends Arthurian and in particular the character of Gawain who is the hero.
![]()
La Demoiselle à la Mule, or, La Mule sans Brake
Le roi Artus de Brittany held plenary court in his royal city of Carduel, at the feasts of Pentecost. To him had rushed all that his kingdom contained of noble ladies, high barons and knights. There were only tournaments and feasts, and great jubilation in the entire city.
Le second jour de l’assemblée, au moment où le roi et ses convives quittaient la table, on aperçut de loin dans la prairie une femme qui paraissait venir vers le château et qui était montée sur une mule sans licol et sans frein. Cette vue piqua la curiosité. Le roi, la reine, tout le monde se mit aux fenêtres, chacun cherchait à deviner qui était cette voyageuse solitaire et ce qu’elle voulait. Quand elle fut près des murs du manoir on vit qu’elle était jeune et jolie. Tous les chevaliers et tous les pages volèrent au-devant d’elle et s’empressèrent de l’aider à descendre de sa mule. On vit alors que son beau visage était mouillé de larmes et qu’elle donnait tous les signes de la plus vive douleur.
They led her to the great Artus. She bowed deeply to him, wiped her eyes, and apologized for coming over and bothering him and asking for help: "What's your trouble, beautiful young lady?" said Artus. If he is one of those who can be relieved, we are, my knights and I, at your mercy! “See,” she said, pointing to her mule, “they've removed the brake from my mount; I have been crying since that day and will cry until it is brought back to me. Only the bravest of knights can win it back and return it to me: where to look for this treasure other than at your court, great king? So she begged Artus to allow some of the brave people around him to take an interest in his misfortune. "Whoever," she added, "who consents to become my champion will be led proudly by my mule instead of combat, and as a price for his courage, I publicly pledge to become his lady." "
Il n’en fallait pas plus pour tenter la bravoure des chevaliers d’Artus. Tous allaient s’offrir et briguer l’honneur du choix de la belle. Mais voici que le sénéchal, maître Queux, saisit le premier la parole. C’était le frère de lait d’Artus, et son gonfalonier. Il n’était, le pauvre sire, ni beau ni brave, et la dame eût préféré un champion plus jeune et plus séduisant. Mais il fallut bien accepter son bras. Il jura donc de rapporter le frein, fût-il au bout du monde. Mais, avant de partir, il exigeait de la demoiselle qu’elle lui laissât prendre un baiser à compte et déjà il approchait sa face barbue du visage vermeil de l’inconnue. Mais celle-ci le repoussa et refusa absolument toute récompense avant qu’il fût de retour. Queux prit donc les armes en maugréant et partit, se laissant conduire par la mule, ainsi qu’on le lui avait recommandé. 
La mule toujours trottant le conduisit dans une grande forêt. À peine y furent-ils entrés que de tous les halliers et de toutes les futaies s’élancèrent des troupeaux de lions, de tigres et de léopards. Ils poussaient des rugissements affreux et avaient bien l’air de vouloir dévorer maître Queux. Le pauvre homme eut bien regret de sa fanfaronnade et, dans ce moment, il eut pour jamais renoncé à tous les baisers du monde. Qu’il eût voulu être auprès d’Artus, dans la grande salle du château de Carduel ! Mais dès que les bêtes féroces eurent reconnu la mule, elles se prosternèrent toutes pour lui lécher les pieds et rentrèrent dans leur tanière. Quel soupir de soulagement poussa maître Queux !
On leaving the forest, there appeared a valley so dark, so deep and so black that the most valiant knight would not have dared to enter it without shuddering. The mule entered it without worrying about its rider who was trembling like a leaf. And it was not without reason. From all the cracks in the rock escaped scorpions, dragons and snakes, which hissed and vomited flames. These flames alone threw some light into the depths of the valley. All around poor Seneschal the raging winds roared, torrents roared like thunder, mountains crumbled with a horrible crash. So although the air was colder than in Iceland, sweat was streaming down Master Queux's whole body. However, he crossed the valley, thanks to his mount, and began to breathe. But in front of them, at the edge of a large deserted plain, there is a wide and deep river, where neither bridge nor boat could be seen. Above the black waters, between two steep rocks which bordered the two opposite banks, stretched the rounded trunk of a large fir tree. Queux could not make up his mind to venture onto this bridge. He therefore gave up the adventure and retraced his steps with low ear. Alas! we had to go back through the valley and the forest. The snakes and the lions seemed to be laughing at him, which did not prevent them from rushing at him with a kind of joy, and they would have devoured him a thousand times, if they could have thrown him to the ground without touching him. the mule.
Dès qu’il approcha du château, les guetteurs qui veillaient au haut des tours le signalèrent au roi Artus. Et chacun de se mettre aux fenêtres pour assister à son entrée. Les chevaliers s’assemblèrent comme pour le recevoir avec honneur. Artus lui-même vint lui proposer de le conduire au baiser promis. Quels éclats de rire retentirent autour du pauvre Queux quand il dut avouer qu’il rentrait les mains vides ! Dames et demoiselles, barons, écuyers et pages, chacun le plaisanta, et le malheureux sénéchal, ne sachant plus quoi ni à qui répondre, et n’osant lever les yeux, disparut et s’alla cacher.
La demoiselle était plus affligée que lui encore. Déchue de son espoir, elle pleurait amèrement. Le brave Gauvain, le meilleur des chevaliers d’Artus, fut touché de son chagrin. Il s’approcha, lui offrit hardiment son épée et promit de tarir ses larmes ; mais comme messire Queux, il voulut d’avance un baiser. Les dangers à courir étaient connus, les malheurs de la belle augmentés. Gauvain avait, d’ailleurs, autre figure que son devancier. Et comment refuser un chevalier si preux, dont la valeur, tant de fois éprouvée, inspirait la confiance ? Le baiser fut donc accordé et Gauvain partit à son tour sur la mule.
The same dangers presented themselves; he only laughed at it. Lions and serpents swooped down on him; he drew his sword and went to fight them. The monsters, bowing before the mule, quietly retired and Gwain put his sword back in its scabbard. Finally he arrives at the river, sees the pine tree trunk, recommends himself to God and rushes over this perilous bridge. It was so narrow that the mule could barely put half of its feet on it, so smooth and so rounded that you could have sworn it would slip with every step. All around the hero the foaming waves rumbled up and rushed over him to knock him down and swallow him up; but he was unshakeable and happily landed on the shore.
Là se présenta un château fortifié, garni en dehors d’un rang de quatre cents pieux en forme de palissade, dont chacun portait une tête sanglante, à l’exception d’un seul dont la pointe encore nue semblait attendre ce terrible ornement. La forteresse, entourée de fossés profonds, remplis par un torrent impétueux, tournait sur elle-même comme une meule sur son pivot ou comme le sabot qu’un enfant fait pirouetter sur sa courroie. Aucun pont ne traversait le fossé et Gauvain, qui ne voyait aucun moyen d’arriver jusqu’à la muraille, se demandait comment il pouvait exercer sa valeur en ce lieu. Il attendit néanmoins, espérant que la forteresse peut-être, dans une de ces révolutions, lui offrirait quelque porte d’entrée, et déterminé en tous cas à périr sur la place plutôt que de retourner honteusement. Une porte s’ouvrit en effet ; il piqua sa mule qui d’un bond franchit le fossé, et le voici dans le château.
Gauvain se crut d’abord dans le royaume de la mort. Des cours vides, personne aux fenêtres, partout le silence de la solitude. Un nain parait enfin, se campe devant lui et l’examine des pieds à la tête. Gauvain lui demande quel est son seigneur ou sa dame, où l’on peut les trouver et ce qu’ils exigent. Le nain ne répond rien et se retire. Le chevalier poursuit sa route et voit sortir d’un souterrain un géant d’une laideur épouvantable, velu comme un ours et armé d’une hache. Gauvain l’interroge comme il avait interrogé le nain. Le géant le loue de son courage, mais le plaint d’être venu tenter une aventure dont l’issue semble bien devoir lui être funeste et que la vue des têtes coupées qui garnissaient la palissade aurait dû l’avertir d’éviter. Il se met cependant à son service, le fait manger, le traite bien, le mène à la chambre où il doit coucher ; mais, avant de sortir, il ordonne au héros de lui abattre la tête, en annonçant qu’il viendra le lendemain, à son tour, lui en faire autant. Gauvain prend son épée, et fait rouler la tête à ses pieds. Le géant la ramasse, la replace sur ses épaules et sort. Gauvain n’en croyait pas ses yeux. Mais, en homme habitué aux aventures, il se couche et dort tranquillement, sans s’inquiéter du sort qui l’attend le lendemain. Au point du jour, le géant arrive avec sa hache pour tenir sa promesse ; il éveille le chevalier et, selon leurs conditions de la veille, lui ordonne de présenter sa tête. Gauvain tend le cou sans balancer ; ce n’était qu’une épreuve pour tenter son courage. Le géant l’embrasse avec transport et le loue de son courage. Le chevalier demande alors où il pourra aller chercher le frein, et ce qu’il faut faire pour l’avoir. « Tu le sauras avant la fin du jour, lui dit le géant, mais prépare toute ta valeur, jamais tu n’en eus plus besoin, car tu ne vas pas manquer d’ennemis à combattre. »
At noon, he is taken to the place of the fight. Appears an enormous lion which, while foaming, gnawed its chain and, with its claws, dug the earth with fury. At the sight of the hero, the monster roars, bristles its mane, opens an enormous mouth; his chain falls and he rushes towards Gauvain whose hauberk he tears. He was killed, however, after a long fight, but to make way for another bigger and more furious still who succumbed in his turn not without danger to our hero. Gauvain seeing no more enemy appear asked for the brake. The giant, without answering him, takes him back to his room, makes him serve food to repair his strength and announces to him that he is going to fight another enemy.
C’était un chevalier redoutable, celui-là même qui avait planté les pieux de l’enceinte, et qui, de sa main, y avait attaché les têtes des trois cent quatre-vingt-dix-neuf chevaliers vaincus. On leur amène à chacun un cheval, on leur donne une forte lance ; ils s’éloignent pour prendre carrière et fondent l’un sur l’autre. Du premier choc leurs lances volent en éclats et les sangles de leurs chevaux se rompent. Ils se relèvent aussitôt pour commencer à pied un combat nouveau. Leurs armes retentissent sous leur épée redoutable, leur écu étincelle et, pendant deux heures entières, la victoire reste incertaine. Gauvain redouble de courage ; il assène sur la tête de son adversaire un si terrible coup que, lui fendant le heaume jusqu’aux cercles, il l’étourdit et l’abat. C’en était fait du chevalier ; il allait périr s’il ne se fût avoué vaincu, et déjà on lui arrachait les lacets de son heaume. Mais il rendit son épée et demanda la vie. Des ce moment, tout fut terminé. Le vainqueur avait droit au frein ; on ne pouvait le lui refuser ; il ne restait plus que la ressource de l’y faire renoncer lui-même, et voici comment on espéra réussir.
The dwarf, coming to greet him with respect, invited him on behalf of the lord of the lord, his mistress, to take part in a great feast. She received him covered with silk and precious stones and seated on a silver throne surmounted by a velvet canopy embroidered with gold. Her beauty was dazzling. She had Gwain placed at her side and wanted to serve him herself throughout the meal. Among other things, she reproached him tenderly for the death of her lions and the defeat of her knight. "They were," she said, "my only defenders!" She then confessed that the young lady with the mule was her sister and that she had taken the brake off her. “Renounce, Messire,” she added, “the rights of your victory. Fix yourselves close to me and dedicate to me this invincible arm whose strength I have just experienced, this castle and thirty-eight other more beautiful still are yours with all their riches, and the one who begs you to accept them will be honored itself to become the winner's prize. "
These attractive offers did not shake Gauvain. He still persisted in demanding the brake, and when he had obtained it, he set off again on the mule amid the festive chants of a crowd of people who, to his astonishment, ran in his path. These were the inhabitants of the castle who, until then confined to their houses by the tyranny of their lady, could not leave them without running the risk of being devoured by her lions and who, now free, came to kiss their hand. liberator.
Gauvain therefore returned to Carduel. It was a big celebration on his return. The young lady received him with transports of joy and gratitude and granted him the promised kiss. But, look at the malignity of women, hardly had she paid her debt when she had everything prepared for her departure. In vain Artus and Queen Juniper urged her to wait until the feasts were over, nothing could hold her back; she took leave of them, got on her mule and set off again.

